Illustration : Freefly, wingsuit et autres disciplines : explorer le ciel autrement
Disciplines aériennes

Freefly, wingsuit et autres disciplines : explorer le ciel autrement

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Le parachutisme sportif regroupe six disciplines du parachutisme distinctes : vol relatif, freefly, wingsuit, freestyle, voile contact et précision d’atterrissage. Chaque spécialité impose ses propres prérequis, ses vitesses de chute — de 200 km/h en ventral à plus de 300 km/h en head down — et son approche technique. La FFP organise des championnats nationaux annuels pour chacune d’entre elles.

Le vol relatif : la discipline historique

Le vol relatif (VR), ou Relative Work, reste la porte d’entrée du parachutisme sportif depuis les années 1970. Le principe : plusieurs parachutistes en chute libre ventrale s’agrippent pour construire des figures géométriques prédéfinies, puis les enchaînent le plus vite possible.

Formats de compétition

En VR compétitif, les équipes de 4 ou 8 parachutistes enchaînent un maximum de figures imposées en 35 secondes de travail. Chaque transition entre deux figures exige une coordination au dixième de seconde. Les juges évaluent la vitesse d’exécution et la précision des prises sur vidéo.

Les grandes formations représentent l’autre versant du VR. En 2006, 400 parachutistes venus de 31 pays ont tenu une formation unique pendant 4,25 secondes en Thaïlande — record mondial toujours en vigueur en 2026. Ces événements exigent des mois de préparation au sol, des avions synchronisés et une discipline de sortie irréprochable.

Débuter en VR

Le VR s’ouvre dès le brevet A, soit environ 15 sauts validés. Les premiers sauts de VR se font à deux ou trois, puis les groupes grossissent au fil de l’expérience. La dérive — ce déplacement horizontal en chute libre pour rejoindre ou quitter une formation — conditionne la sécurité. Sans maîtrise de la dérive, pas d’accès aux sauts de groupe.

Un bon conseil pour progresser vite : filmer chaque saut. Revoir ses images au sol avec un coach accélère la courbe d’apprentissage mieux que n’importe quel briefing théorique.

Le freefly : la chute libre en trois dimensions

Le freefly a bousculé les codes dans les années 1990 en introduisant les positions verticales : tête en bas (head down) et debout (head up). Résultat ? La vitesse de chute passe de 200 km/h en position ventrale à plus de 300 km/h en head down. Le corps devient un vecteur orientable sur tous les axes, et la chute libre gagne une dimension supplémentaire.

Trois sous-disciplines

Le freefly artistique oppose des équipes de trois : deux performers enchaînent acrobaties et transitions synchronisées pendant qu’un vidéoman filme tout en participant à la chorégraphie. Les juges notent créativité, technique et qualité vidéo. Chaque round dure 45 secondes de chute libre.

Le VRV (Vol Relatif Vertical) transpose les formations du VR classique en position verticale. Les parachutistes construisent des figures tête en bas ou debout, ce qui multiplie la difficulté technique par rapport au VR ventral. La vitesse de chute plus élevée réduit la marge d’erreur sur les prises.

Le dynamic pousse le curseur encore plus loin. Rotations rapides, vrilles, changements d’axe à grande vitesse — cette variante attire les profils les plus acrobatiques du circuit. Les équipes de dynamic produisent les vidéos les plus spectaculaires de la discipline.

Prérequis freefly

Le freefly exige une base solide en chute ventrale. La majorité des écoles françaises demandent entre 100 et 150 sauts avant d’aborder les positions verticales. Un casque intégral est obligatoire : à 300 km/h, le moindre contact entre parachutistes peut provoquer des blessures graves. La combinaison doit être ajustée — trop ample, elle crée une traînée imprévisible en position head down.

La wingsuit : voler vraiment

La wingsuit fascine au-delà du milieu parachutiste. Cette combinaison ailée — des surfaces de tissu entre les bras, entre les jambes et le long du torse — transforme la chute verticale en vol plané. Le parachutiste ne tombe plus : il vole sur une trajectoire inclinée.

Performances mesurables

Le ratio de plané standard atteint 3:1. Concrètement, pour chaque mètre perdu en altitude, le pilote parcourt trois mètres à l’horizontale. Les combinaisons les plus avancées dépassent le ratio 4:1 en conditions optimales. En mars 2025, le Chilien Sebastián Álvarez a pulvérisé le record mondial de vitesse en wingsuit à 550 km/h et couvert 53,45 km en un seul vol depuis 12 600 mètres d’altitude.

Sur un saut standard depuis 4 000 mètres, la wingsuit offre 2 à 3 minutes de vol contre 1 minute en chute libre classique. La vitesse horizontale dépasse 200 km/h tandis que la vitesse verticale descend à 60-80 km/h. Cette combinaison de paramètres produit une sensation unique : celle de voler comme un rapace, pas de tomber.

Deux formats de compétition

La FFP reconnaît deux épreuves distinctes en wingsuit. La wingsuit performance mesure trois paramètres sur un couloir défini : vitesse maximale, distance horizontale et durée de vol. La wingsuit acrobatique, plus récente, se rapproche du freefly artistique avec des figures imposées et libres devant un vidéoman.

Accès à la wingsuit

La qualification wingsuit impose un brevet B et un minimum de 150 sauts. La progression passe par des combinaisons à petite surface, puis des modèles de plus en plus performants au fil de l’expérience. Les premières sorties se font encadrées par un instructeur qualifié sur des drop zones adaptées.

La voile contact : la discipline après ouverture

La voile contact (CRW — Canopy Relative Work) est la seule discipline pratiquée parachute ouvert. Les pratiquants s’accrochent par les pieds ou les suspentes pour construire des empilements et des formations sous voile. Chaque manoeuvre engage directement le matériel et la voilure d’un coéquipier.

Sur le terrain, la voile contact attire des pilotes expérimentés qui recherchent un défi technique différent de la chute libre. Un brevet B constitue le minimum requis. La discipline exige une connaissance fine du pilotage sous voile, une lecture constante des turbulences créées par les voilures voisines et une confiance totale dans ses partenaires. Les empilements à quatre ou huit voiles restent parmi les exercices les plus exigeants du parachutisme sportif.

La précision d’atterrissage : toucher la cible

Discipline olympique historique du parachutisme, la précision d’atterrissage consiste à poser le pied sur une cible électronique de 2 cm de diamètre au sol. Les meilleurs compétiteurs français enchaînent les zéros — des impacts pile au centre — saut après saut. Le capteur mesure l’écart au centimètre près.

Accessible dès le brevet A, cette spécialité travaille le pilotage sous voile et la lecture des conditions aérodynamiques : vent au sol, gradient, thermiques. Les équipes de France s’entraînent régulièrement à Gap-Tallard pour préparer les championnats d’Europe et du monde. En 2025, la FFP a validé un nouveau Projet Sport Fédéral pour renforcer la filière compétitive, précision d’atterrissage incluse.

Tableau comparatif des disciplines

Discipline Niveau requis Vitesse Sensations Technique
Vol relatif Brevet A (15 sauts) 200 km/h Travail d’équipe, figures Moyenne
Freefly 100-150 sauts 300+ km/h Vitesse, liberté 3D Élevée
Wingsuit Brevet B + 150 sauts 200+ km/h horizontal Vol plané, distance Élevée
Voile contact Brevet B 30-50 km/h sous voile Pilotage, coordination Très élevée
Précision Brevet A Approche lente Concentration, finesse Moyenne

Conseil d’un moniteur : ne vous enfermez pas dans une seule discipline trop tôt. Les 200 premiers sauts servent à tester le VR, goûter au freefly, observer les wingsuiters. Chaque spécialité développe des compétences — lecture du vent, gestion du stress, conscience spatiale — qui profitent aux autres.

Compétitions FFP : le circuit français

La FFP structure la compétition autour de championnats de France annuels. Gap-Tallard, dans les Hautes-Alpes, accueille la majorité des épreuves nationales : vol relatif à 4 et 8, freefly artistique, freestyle, wingsuit performance et acrobatique, précision d’atterrissage et voltige. L’aérodrome dispose de plusieurs avions gros porteurs et d’une zone de saut dégagée, conditions idéales pour les formats multi-disciplines.

Le circuit ne se limite pas au territoire national. Les équipes de France participent aux championnats d’Europe et aux coupes du monde organisées par la FAI (Fédération Aéronautique Internationale). En 2025, la coupe du monde de wingsuit s’est tenue à Eloy, en Arizona — un site qui accueille aussi les plus grandes formations mondiales.

Pour vous lancer dans l’une de ces disciplines, commencez par un premier saut en parachute et progressez vers le brevet qui correspond à votre objectif. Les destinations mondiales du parachutisme offrent des conditions variées pour perfectionner chaque spécialité tout au long de l’année.

Mots-clés

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